Le Japon contribue au grand collisionneur de hadrons du CERN

Le Ministère japonais de l'Education, de la science et de la culture (Monbusho) a annoncé le 10 mai qu'il contribuerait au financement de la construction du prochain accélérateur de particules du CERN1, le grand collisionneur de hadrons (LHC). Cette annonce fait suite à la visite au Japon d'une délégation du CERN conduite par le Directeur général, le professeur Christopher Llewellyn Smith, en mars 1995. Le ministre japonais du Monbusho, M. Kaoru Yosano, a déclaré qu'une contribution de 5 milliards de yens (soit approximativement 65 millions de francs suisses) pour la construction du LHC est comprise dans le budget supplémentaire de 1995, en ajoutant: "Nous avons décidé de contribuer au LHC avant d'autres pays non-membres. J'espère que cette décision accélérera la coopération internationale pour le projet (LHC)".

Le professeur Llewellyn Smith a déclaré: "Le CERN est enchanté de la décision du Japon, qui permettra aux scientifiques de ce pays d'apporter leurs compétences techniques dans les phases de conception et d'exploitation du LHC. Nous nous réjouissons de travailler en partenariat avec nos collègues japonais, avec qui nous avons déjà collaboré avec autant de succès que de plaisir par le passé. L'importance de la contribution du Japon au LHC crée un nouveau précédent en matière de collaboration scientifique interrégionale."

A l'heure actuelle, 70 scientifiques japonais participent aux travaux de recherche du CERN et leur nombre devrait augmenter du fait de l'intérêt manifesté par le Japon pour le LHC. Le CERN examine la possibilité d'une collaboration pour des éléments de haute technologie de l'accélérateur avec des physiciens du Laboratoire de physique des hautes énergies KEK, près de Tokyo.

Le LHC, un accélérateur de particules constitué d'aimants supraconducteurs de forte puissance ayant chacun une longueur de 14 mètres, sera installé dans le tunnel circulaire existant de 27 kilomètres creusé pour abriter le collisionneur électron-positon LEP. Ces puissants aimants permettront de maintenir sur une orbite stable les faisceaux de protons circulant en sens inverse dans l’anneau, et des cavités accélératrices supraconductrices les amèneront à une vitesse proche de celle de la lumière et à des énergies encore jamais atteintes dans un accélérateur. Lorsque ces faisceaux de protons entreront en collision, à des points de croisement fixes, leurs énergies cinétiques combinées créeront des centaines de nouvelles particules. L’étude de ces collisions permettra de mieux comprendre les interactions entre les minuscules quarks qui se cachent à l’intérieur des protons en collision et de révéler comment fonctionne la nature au niveau le plus fondamental.

Construire des instruments capables de créer des conditions aussi extrêmes, puis analyser les résultats avec une précision extraordinaire, est un défi redoutable, qui exige de réaliser des avancées dans de nombreuses technologies hautement complexes. Le succès du LHC est directement lié à la capacité des scientifiques, en étroite collaboration avec l’industrie, de repousser les limites actuelles de la technologie. La construction du LHC amènera à innover dans le domaine de la supraconductivité, de l’électronique grande vitesse, de la cryogénie, du supercalcul, des technologies du vide, de la science des matériaux et de beaucoup d’autres disciplines. Ces nouvelles technologies, développées pour le LHC, seront un terreau fertile où de nouvelles industries de hautes technologies pourront s’épanouir. La participation du Japon à ce défi technologique sera sans aucun doute bénéfique pour le CERN et pour la science et l’industrie japonaises.

Note(s)

1. CERN, the European Laboratory for Particle Physics, has its headquarters in Geneva. At present, its Member States are Austria, Belgium, the Czech Republic, Denmark, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, Italy, Netherlands, Norway, Poland, Portugal, the Slovak Republic, Spain, Sweden, Switzerland and the United Kingdom. Israel, the Russian Federation, Turkey, Yugoslavia (status suspended after UN embargo, June 1992), the European Commission and Unesco have observer status.

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