Le professeur Luciano Maiani sera le prochain Directeur général du CERN

Luciano Maiani

Le Conseil du CERN1 a annoncé, lors de sa session du 19 décembre 1997, l'élection du professeur Luciano Maiani comme prochain Directeur général de l'Organisation. Le professeur Maiani entrera en fonctions le 1er janvier 1999, succédant au professeur Llewellyn Smith qui aura achevé son mandat de cinq ans.

Le professeur Maiani est un éminent physicien théoricien. Après des études à Rome, il a travaillé aux universités de Florence et Harvard. Il a été nommé professeur de physique théorique à l'Université de Rome "La Sapienza" en 1984 et il exerce depuis 1993 les fonctions de Président de l'Istituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN). Le professeur Maiani était Président du Conseil du CERN depuis janvier 1997.

Le professeur Maiani a une excellente connaissance du CERN et des organes directeurs du Laboratoire. Il a passé deux fois une année en qualité de professeur invité à la Division Etudes théoriques du CERN et il a été membre du Comité des directives scientifiques et du Comité du grand collisionneur de hadrons. De 1993 à 1996 il a représenté l'Italie au Conseil du CERN, avant d'en assumer la Présidence. Le professeur Llewellyn Smith a déclaré: "Je suis très heureux de passer le flambeau au professeur Maiani. Le Conseil du CERN a fait un excellent choix et je me réjouis de travailler en étroite relation avec le professeur Maiani, afin d'assurer une transition sans heurt durant une période cruciale de la construction du LHC et une phase passionnante du programme LEP en cours." Vous trouverez au verso son curriculum vitae complet.

M. Hans C. Eschelbacher est le nouveau Président du Conseil du CERN

M. Hans C. Eschelbacher, qui a accompli une éminente carrière en tant que scientifique et administrateur scientifique, a été élu Président du Conseil du CERN pour une première période de un an à partir de janvier 1998. Dès 1964, M. Eschelbacher a travaillé au Centre de recherche nucléaire de Karlsruhe sur des applications supraconductrices pour les accélérateurs de particules. Il a étudié sous la direction du professeur Herwig Schopper, Directeur général du CERN (1982-1989). M. Eschelbacher a achevé sa thèse de doctorat à l'Institut de physique nucléaire expérimentale.

Au début des années 70, il a passé plusieurs périodes au CERN où il a travaillé à la construction d'un séparateur supraconducteur de faisceaux, en collaboration avec M. Herbert Lengeler. M. Eschelbacher a occupé, au sein du Gouvernement allemand, de nombreux postes importants dans les domaines de la politique scientifique et du financement de la science, en tant que conseiller scientifique au Bundestag et à la Chancellerie fédérale. Il est actuellement responsable du financement de la recherche fondamentale en physique dans les laboratoires nationaux allemands comme dans les collaborations internationales. Il est Président du Comité de surveillance du Laboratoire DESY à Hambourg et du GSI de Darmstadt et délégué allemand au Conseil du CERN depuis 1995. M. Eschelbacher est également responsable de la planification et du financement du programme allemand de recherche sur l'environnement, notamment sur le réchauffement de la planète. Vous trouverez ci-joint son curriculum vitae.

Curriculum vitae de Luciano MAIANI

Né à Rome, le 16 juillet 1941

  • 1964 Thèse en physique
  • 1964 Poste permanent de chercheur à l'Istituto Superior di Sanità, Rome
  • 1964 Collaboration dans l'équipe du prof. R. Gatto en physique théorique, université de Florence
  • 1969 Boursier postdoctoral, Laboratoire de physique Lyman, université Harvard
  • 1976-1984 Professeur des Institutions de physique théorique, Université de Rome, "La Sapienza"
  • 1977 Professeur associé auprès de l'Ecole Normale Supérieure de Paris
  • 1979-1980 Associé scientifique auprès du CERN, Genève
  • 1984 Professeur de physique théorique, Université de Rome "La Sapienza"
  • 1985-1986 Associé scientifique auprès du CERN, Genève
  • 1993 Président de l'Istituto Nazionale di Fisica Nucleare
  • 1993-1996 Délégué scientifique au Conseil du CERN, Genève
  • 1995-1997 Président, Comitato Tecnico Scientifico, Fondo Ricerca Applicata
  • 1997 Président du Conseil du CERN, Genève

Prix

  • 1979 Médaille Matteucci, Accademia Nazionale dei XL
  • 1987 Prix "J. Sakurai" de l'American Physical Society
  • 1996 Laurea Honoris Causa, Université de la Méditerranée, Aix-Marseille

Affiliations

  • 1988 Accademia Nazionale dei Lincei, Rome, Italie
  • 1991 American Physical Society
  • 1997 Accademia Nazionale dei XL

Participations aux Comités Internationaux

  • 1979-1983 Comité du Super Proton Synchrotron, CERN, Genève
  • 1984-1991 Comité des directives scientifiques, CERN
  • 1990 Conseil de recherche, Deutsches Elektronen-Synchrotron (DESY), Hambourg
  • 1992-1993 Comité du Grand Collisionneur de Hadrons, LHC, CERN, Genève
  • 1997 IUPAP, sous comité C11

Résultats scientifiques

Luciano Maiani est l'auteur ou co-auteur de plus d'une centaine de publications scientifiques sur la théorie des particules élémentaires et auteur de plusieurs relations de conférences. Son plus important résultat est la prédiction de particules charmées (avec S.L. Glashow et J. Illiopoulos, 1970). Cette proposition, connue sous le nom du mécanisme de Glashow-Iliopoulos-Maiani (GIM) a été découverte quelques années plus tard (1976) avec des propriétés très similaires à celles anticipées dans le document GIM original.

D'autres résultats importants comprennent :

  • L'explication de l'observation de l'"octet enhancement" dans les désintégrations faibles non-leptoniques comme due aux effets dominants à courtes distances de gluons dans la "chromodynamique quantique" (avec G. Altarelli en 1974); cet effet fut ensuite utilisé aussi pour expliquer les désintégrations faibles non-leptoniques des particules charmées et porteuses de quarks B;
     
  • L'analyse de la violation de CP dans la théorie à six-quarks et la prédiction d'un très petit moment dipolaire éléctrique du neutron;
     
  • Le modèle à partons pour les désintégrtaions faibles des hadrons composés de quarks lourds (avec N. Cabiddo, G. Altarelli, M. Corbo, et G. Martinelli, 1978-1979). Ce modèle est encore utilisé aujourd'hui pour obtenir les angles de mélange faibles à partir de la mesure des désintégrations inclusives semileptoniques des mesons B;
     
  • Limites sur la masse du boson de Higgs à partir des considérations sur la stabilité de l'énergie du vide (avec N. Cabiddo, G. Parisi et R. Petronzio, 1979);
     
  • La première prévision sur la valeur de la constante de désintégration des mesons charmés pseudoscalaires fD et fDs, par simulation numérique sur réseau de QCD (avec M. B Gavela, G. Martinelli, O. Pène et S. Petrarca, 1988) et celle des mesons-B, en utilisant une approximation statique sur le réseau (avec C. R. Allton, C.T. Sachrajda, V. Lubicz et G. Martinelli, 1991); la valeur de fDs est une des premières prévisions obtenue sur le réseau QCD et elle est en accord avec les données expérimentales les plus récentes;
     
  • Il a aussi clarifié le problème de la formulation non perturbative des théories de "gauge" chirales sur le réseau (avec G. C. Rossi et M. Testa, 1989-1991), en mettant en évidence un problème encore non résolu: le naturel de la symétrie de "gauge" chirale. Il a été parmis les premiers (notes de cours à l'école de Gif-sur-Yvette, 1980) à mettre en évidence la nécessité de la supersymétrie avec une brisure douce pour rendre stable, par rapport aux corrections Quantiques, la très grande différence entre les échelles de masse électrofaible et celles de la grande unification (ou échelle de masse de Planck). La recherche des supersymétries est la tâche principale pour les grands accélérateurs d'aujourd'hui (LEP, Tévatron) et futur (LHC).

Gestion de la recherche

Président de l'Istituto Nazionale di Fisica Nucleare depuis février 1993, pour un mandat de trois ans, renouvelé, en février 1996, pour un deuxième mandat de trois ans. L'INFN est une institution soutenant la recherche dans la physique nucléaire, physique des particules et astrophysique, avec un personnel permanent d'environ 2000 personnes (chercheurs, administrateurs, ingénieurs, techniciens) et environ1000 "associés" (essentiellement professeurs universitaires). Le Président de l'INFN est directement responsable du fonctionnement de l'Insitut avec le soutien d'un Comité Exécutif (4 membres) et d'un Conseil de direction (34 membres). Le plan d'activité original de l'INFN pour la période 1994-1998, approuvé au mois d'août 1993, prévoyait un total de 2590 milliards de lires. Le programme scientifique a été en effet maintenu, amélioré même dans certaines parties, malgré les réductions importantes qui se sont rendues nécéssaires à cause de la situation économique et qui ont réduit le budget d'environ 10% pour la même période.

Les plus grands résultats pour les années 1993-1997 comprennent:

  • l'exécution de l'accélérateur ALPI (ions lourds) à Legnaro et l'installation de EUROBALL par une importante collaboration Européenne;
  • la construction de DAFNE à Frascati (un collisioneur à haute luminosité) optimisé pour la production de Kaons pour l'étude des violations de symétrie matière-antimatière;
  • l'approbation et la mise en oeuvre de la construction de VIRGO à Cascina, Pisa (un long interféromètre pour la détection des ondes de gravitation conçu et construit en collaboration avec le CNRS, France);
  • la continuation et l'extension de l'activité de R & D en collaboration avec l'industrie italienne et le CERN en vue des dipôles supraconducteurs pour le LHC, qui ont amené à l'exécution positive du premier dipôle de 10 m en 1994;
  • la promotion d'une intense activité de R & D en collaboration avec l'industrie, pour la promotion du transfert de technologies à partir des activités INFN dans le domaine des cavités superconductrices, l'éléctronique et la micro-éléctronique, le calcul parallèle, l'imagerie médicale et la thérapie hadronique.

Curriculum vitae
Dr.-Ing. Hans C. Eschelbacher

Né le 01.10.1938 à Lübeck, marié, deux enfants
Baccalauréat à Hambourg, 1957
Etudes à l'Ecole supérieure technique de Hanovre et à l'université technique de Hambourg jusqu'en 1963; diplôme d'ingénieur en télécommunications.
1963-1964: AEG-Telefunken Backnang, ingénieur de développement

Juillet 1964 - décembre 1972:
Centre de Recherches nucléaires de Karlsruhe, collaborateur scientifique à l'Institut de physique nucléaire expérimentale; doctorat de l'université technique de Karlsruhe, Institut de physique des fréquences décimétriques

Janvier 1973 - mars 1978:
Ministère fédéral de la recherche et de la technologie (BMFT), section Questions de principe et de planification des sciences et techniques spatiales; Institut allemande de recherche et d'essai dans le domaine de l'aérospatiale (DFVLR)

Avril 1978 - octobre 1982:
Section CDU/CSU du Parlement fédéral allemand, chef du Groupe de travail sur la recherche et la technologie

Octobre 1982 - juin 1984:
Ministère fédéral de la recherche et de la technologie, chef de la Section Questions de principe et de planification de la recherche et des techniques en matière d'énergie

Juin 1984 - avril 1987:
Ministère fédéral de la recherche et de la technologie, chef de la Section Planification du travail, affaires ministérielles et parlementaires

Avril 1987 - février 1991:
Chancellerie fédérale, chef de la Section Politique en matière de recherche et de technologie

Février 1991 - décembre 1993:
Chancellerie fédérale, chef du Service Politique agricole et de la recherche

Janvier 1994 - janvier 1995
Ministère fédéral de la recherche et de la technologie, chef de la Division Recherche fondamentale, coordination de la recherche, coopération internationale

Depuis février 1995:
Ministère fédéral de l'éducation, des sciences, de la recherche et de la technologie, chef de la Subdivision Promotion des sciences, recherche fondamentale

Note(s)

1. Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, la République slovaque, la République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Fédération de Russie, les Etats-Unis, Israël, le Japon, la Turquie, la Commission des Communautés européennes et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

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