La Bulgarie devient le vingtième Etat membre du CERN

Le Conseil du CERN*, au sein duquel les 19 Etats membres de l'Organisation décident du programme scientifique et des ressources financières, a tenu 113e session le 18 juin sous la présidence de M. Hans C. Eschelbacher (DE).

Adhésion de la Bulgarie au CERN

Lors d'une cérémonie pendant la session du Conseil, le drapeau bulgare a été hissé pour la première fois et il a rejoint ceux des 19 autres Etats membres du CERN. M. Vesselin Metodiev, vice-premier ministre et ministre de l'éducation et de la science de Bulgarie a déclaré: "L'une des priorités de notre gouvernement est de développer et de maintenir en Bulgarie une recherche scientifique compétitive. Notre adhésion au CERN est un pas important dans cette direction, car elle permettra à un grand nombre de scientifiques, d'ingénieurs et de techniciens bulgares de travailler à la pointe de la science et des technologies contemporaines." Le professeur Luciano Maiani, Directeur général du CERN a déclaré de son côté: "L'adhésion de la Bulgarie au CERN est un nouveau pas en avant de cette exceptionnelle coopération européenne dans la recherche physique fondamentale. Nous sommes enchantés d'accueillir nos collègues bulgares dans notre communauté."

La Bulgarie est devenue membre à part entière du CERN en déposant auprès de l'UNESCO, le 11 juin, ses instruments de ratification de la Convention d'établissement du CERN conformément à l'article XVIII de cette convention.

Les activités en physique expérimentale des particules ont essentiellement pour cadre l'institut pour la recherche nucléaire et l'énergie nucléaire de l'Académie de sciences de Bulgarie et l'université de Sofia. Au CERN, les groupes participent aux expériences L3, Delphi et CMS. Le groupe de physique expérimentale des hautes énergies de l'Institut compte une trentaine de membres, dont une quinzaine travaillent au programme du CERN. Quelque 35 théoriciens forment le Groupe de physique théorique. Le département de physique de l'université de Sofia comprend dix physiciens théoriciens et neuf expérimentateurs. Il existe également de petits groupes de physiciens des particules à l'université de Plovdiv et à l'Institut supérieur de chimie et de technologie de Sofia.

La Bulgarie apportera une contribution au taux plein au budget du CERN à partir du 1er juillet. Cette contribution sera de 494 000 francs suisses pour 1999.

Rapport du Directeur général

Dans son rapport sur les activités scientifiques, le Directeur général du CERN Luciano Maiani a décrit un plan qui prévoit un programme scientifique "limité, mais de premier ordre" dans la période intermédiaire entre l'exploitation de la "vedette" actuelle du CERN, le Grand collisionneur électron-positon (LEP) et le futur Grand collisionneur de hadrons (LHC) qui doit entrer en service en 2005.

Le LEP a pris un excellent départ en 1999 et il fonctionne à une énergie jamais atteinte jusqu'alors de 98 GeV par faisceau. En 2000, qui sera la dernière année de fonctionnement du LEP, l'énergie atteindra et peut-être dépassera 100 GeV par faisceau, ce qui maximisera son potentiel de découverte de nouveaux phénomènes et assurera une "soudure" complète entre le LEP, le programme Run II du Tevatron au laboratoire américain de l'accélérateur national Fermi et le LHC. Certaines indications suggèrent actuellement qu'une particule attendue depuis longtemps, la particule de Higgs, pourrait être à la portée du LEP, et de fait les données actuelles dans la région de 95 GeV se situent entre ce qu'on attendrait pour une particule de Higgs de 95 GeV et ce qu'on attendrait si le Higgs n'avait pas cette masse. Les données recueillies cette année permettront d'apporter une réponse définitive.

Après 2000, l'expérience COMPASS sera au centre des activités de recherche du CERN et poursuivra une longue tradition de l'Organisation dans l'étude de la structure des hadrons. Le Décélérateur d'antiprotons (AD), mis en service cette année, recueillera lui aussi des données pendant l'interrègne LEP-LHC, où il étudiera des atomes d'antihydrogène pour voir s'ils se comportent comme les atomes d'hydrogène. Quant à l'installation de physique nucléaire du CERN, ISOLDE, elle demeurera un pôle pour la recherche dans les années à venir.

De possibles additions à ce programme approuvé et financé sont constituées par un projet d'envoyer un faisceau de neutrinos du CERN vers le Laboratoire italien du Gran Sasso distant de 700 kilomètres et par une installation qui fournirait des neutrons pour des applications de la science fondamentale et des études sur la transmutation des déchets nucléaires. Ces projets dépendent de la possibilité de trouver un financement extérieur, et dans le cas du projet neutrino, de la définition d'un programme scientifique complémentaire de programmes similaires aux Etats-Unis et au Japon. Le Conseil prendra une décision finale sur le projet neutrino en décembre.

Passant au projet LHC, le Directeur général a annoncé qu'avec environ 50% du coût engagé, celui-ci respecte le calendrier et le budget. Les travaux de génie civil sont bien avancés, les modifications à apporter au complexe d'accélérateurs existant du CERN seront bientôt achevées et le premier aimant dipolaire du LHC réalisé selon la configuration finale donne de bons résultats. De même, de bons progrès sont faits dans le monde entier par les treize instituts qui collaborent avec le CERN pour la construction du LHC. Il en est de même pour les détecteurs, puisque la construction des deux grandes expériences polyvalentes ATLAS et CMS est bien avancée. Les expériences ALICE et LHCb, de dimensions plus modestes, qui ont démarré plus tard, ne sont pas loin derrière et tout devrait être prêt en 2005.

Le Directeur général a décrit également des réaménagements budgétaires, modestes mais non sans portée, du programme actuel pour permettre de poursuivre au CERN des activités de R&D sur les technologies des accélérateurs dans une perspective à long terme et pour un programme visant à faciliter les transferts de technologie.

Une nouvelle Division

Une nouvelle division, la Division Education du public et transfert de technologie (ETT), a été créée pour mettre en uvre une action bien ciblée dans des domaines stratégiques, à savoir faire connaître au grand public les résultats scientifiques du CERN, leurs incidences culturelles et éducatives, ainsi que les technologies et méthodes développées pour l'accomplissement de la mission fondamentale du CERN. La division rendra compte au Directeur du transfert de technologie et du calcul scientifique.

Nominations de personnel supérieur

M. J.-P. Delahaye (FR) a été nommé chef de la Division PS pour une période de trois ans du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2002.

M. S. Myers (GB) a été nommé chef de la Division SL pour une période de trois ans du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2002.

M. J.-A. Rubio (ES) a été nommé chef de la Division ETT pour une période de trois ans du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2002.

M. K.-H. Kissler (DE) a été nommé chef de la Division SPL pour une période de trois ans du 1er avril 2000 au 31 mars 2003.

Elections

Le professeur W. Majerotto a été réélu vice-président du Conseil pour une période d'un an à compter du 1er juillet 1999.

Les professeurs K. Gaemers, G. Ross et S. Yamada ont été réélus membres du Comité des directives scientifiques pour une période de trois ans à compter du 1er juillet 1999.

Note(s)

* Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, la Slovaquie, la République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse.   La Fédération de Russie, les Etats-Unis, Israël, le Japon, la Turquie, la Commission des Communautés européennes et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

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