La recherche fondamentale plutôt que la technologie de l'armement : Le CERN a mis la dernière main à des contrats avec le CIST

Le lundi 22 novembre, le CERN et le CIST, le Centre international pour la science et la technologie, qui a son siège à Moscou, ont arrêté la version définitive d'importants contrats de collaboration. Ces contrats, d'un montant supérieur à 12 millions de francs suisses, marquent un grand pas dans la coopération entre les deux institutions. La signature de ces accords, qui doublent presque la contribution financière apportée au Programme de partenariats du CIST, se traduira par la réalisation de nouveaux équipements techniques destinés au plus récent projet du CERN, le Grand collisionneur de hadrons (LHC).

Le Centre international pour la science et la technologie a été créé en 1992 en tant qu'organisation intergouvernementale ayant pour mission générale la "non-prolifération par la voie de la coopération scientifique". Aujourd'hui, ses membres sont l'Union européenne, les Etats-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, le Japon, la Norvège et la Corée. Les scientifiques qui travaillaient dans l'industrie ou la recherche pour l'armement dans les pays de l'ex-URSS, appelés aujourd'hui les "nouveaux Etats indépendants" (NEI), sont soutenus dans leurs efforts pour réorienter leurs compétences scientifiques vers la recherche à des fins pacifiques et pour s'intégrer dans la communauté scientifique internationale. Le CIST établit la liaison entre les chercheurs de l'Est et l'industrie occidentale, gère les aspects financiers et facilite ainsi la transition entre des systèmes économiques différents.

Les deux organisations ont signé ces contrats dans le cadre du "Programme de partenariats" du CIST qui a été élaboré en 1997. Des contrats ont déjà été passés avec près de 60 "partenaires", qui sont des entreprises des industries électrique, biomédicale ou chimique ou des centres de recherche tels que le CERN. La contribution totale prévue par ces contrats s'élève à quelque 14 millions de dollars des Etats-Unis. Avec les contrats signés aujourd'hui, près de 13 millions de francs suisses viendront s'ajouter à ce montant.

Le Directeur de la recherche du CERN, Roger Cashmore, a déclaré: A n'en pas douter, le CIST a atteint sa maturité. La confiance des gouvernements, les analyses d'experts et les études de professionnels indépendants attestent le fonctionnement efficace du Centre. C'est pourquoi la Communauté des physiciens des hautes énergies du CERN a décidé de lui confier d'importants projets de recherche et développement, qui sont d'une portée cruciale pour la réalisation des détecteurs du LHC dans les délais voulus. Nous attendons impatiemment les contributions de pointe de nos collègues de Russie et d'autres NEI dans les années à venir, avec une intervention et un appui actifs du CIST." Le Directeur général du CIST, Alain Gérard, a souligné que "la coopération entre le CERN et le CIST dans le domaine de la physique des hautes énergies reste un exemple éclatant du caractère unique et efficace du Programme de partenariats et un modèle pour nos futures activités avec le CERN et d'autres instituts des NEI".

Les scientifiques des NEI fourniront des monocristaux en tungstate de plomb pour le calorimètre principal de l'expérience CMS et d'importantes structures de support pour l'expérience ATLAS. Les deux expériences s'inscrivent dans le projet du CERN pour le XXIe siècle, le LHC, qui offrira de toutes nouvelles possibilités de recherche en physique des hautes énergies. Dans la machine, qui devrait entrer en service en 2005, des protons entreront en collision à des énergies extrêmement élevées, recréant les conditions qui prévalaient peu après le Big Bang.

Note(s)

*  Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, la Slovaquie, la République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse.   La Fédération de Russie, les Etats-Unis, Israël, le Japon, la Turquie, la Commission des Communautés européennes et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

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