Le CERN reconnaît la contribution remarquable du Royaume-Uni à la grille de calcul

À gauche: Dr Frank Harris, à droite: Dr Robert Aymar, Directeur général du CERN

À gauche: Dr Frank Harris, à droite: Dr Robert Aymar, Directeur général du CERN

Dr Robert Aymar, Directeur général du CERN*, a reconnu hier la contribution exceptionnelle du Royaume-Uni au développement de la prochaine génération de grille de calcul en remettant des prix récompensant les réalisations remarquables de deux chercheurs britanniques, aux avant-postes du projet de grille de calcul au CERN. Dr Aymar a également saisi cette opportunité pour vanter les mérites du programme britannique de science en ligne, et plus précisément pour les efforts novateurs entrepris dans le cadre de ce programme pour mettre au point et promouvoir la technologie de grille au niveau national, efforts qui ont très largement inspiré d'autres pays européens et l'Union européenne.

Dr Aymar a remis un prix CERN à Andrew McNab, de l'université de Manchester, pour ses réalisations remarquables dans le développement de la grille. Il a notamment souligné les contributions cruciales de ce chercheur à l'élaboration d'un modèle de sécurité fiable pour la grille de calcul du Grand collisionneur de hadrons (LHC). Ce modèle revêt une importance critique car, grâce à lui, les énormes volumes de données que produira le prochain accélérateur de particules du CERN pourront être stockés en toute sécurité et seront aisément accessibles pour l'analyse.

Dr Aymar a également remis à Frank Harris un prix CERN pour l'ensemble de sa carrière. Membre éminent de l'équipe de recherche en physique des particules à l'université d'Oxford, Frank Harris travaille au CERN depuis quinze ans. M. Aymar a fait l'éloge de sa contribution aux avancées de l'informatique en ligne pendant toute la période qu'il a passée au CERN, des premières heures du World Wide Web à sa participation, plus récente, à la naissance de la grille de la physique des particules.

Le CERN construit actuellement une grille de calcul permettant de traiter les vastes quantités de données que générera son prochain accélérateur de particules, le Grand collisionneur de hadrons (LHC). Lorsque le LHC entrera en service en 2007, il faudra stocker chaque année l'équivalent de quelque 15 pétaoctets de données, qui pourraient remplir assez de CD pour constituer une pile haute comme deux fois l'Everest. Une puissance de calcul équivalant à environ 100 000 PC actuels très performants sera nécessaire pour examiner ces données, afin de découvrir de nouvelles particules susceptibles de fournir des indications sur l'origine de notre Univers.

Le prototype de la grille de calcul LHC (LCG) a commencé de fonctionner régulièrement en septembre 2003 et aujourd'hui, une quarantaine de sites à travers le monde mettent à sa disposition des ressources informatiques substantielles. Cette infrastructure est utilisée avec succès dans le traitement des données de physique des particules, démontrant ainsi la viabilité d'une grille de calcul mondiale qui répondra aux gigantesques besoins de stockage et d'analyse des données du LHC.

La remise de prix a eu lieu lors d'une réunion de GridPP**, (collaboration de physiciens des particules et d'informaticiens du Royaume-Uni et du CERN), qui s'est tenue cette semaine au CERN, à Genève. GridPP a joué un rôle vital dans le lancement du projet LCG et apporté une large part de l'appui extérieur au projet. La contribution du Royaume-Uni représente près de 40 % de l'ensemble des ressources des différents États allouées à la première phase du projet, sur trois ans. Dr Aymar s'en explique : "La contribution de GridPP fait une différence considérable, et l'engagement du Royaume-Uni envers le LCG, bien au-delà de ce qui lui est demandé, souligne à quel point ce pays prend les devants dans la science européenne depuis quelques années. La perspicacité de personnes telles que le professeur Ian Halliday, Directeur général du PPARC***, a permis au Royaume-Uni de jouer un rôle phare dans ce nouveau domaine d'applications informatiques, comme le prouvent les réalisations exceptionnelles d'Andrew et de Frank."

"Il ne fait aucun doute qu'une contribution au projet LCG est bénéfique à la fois au CERN et au Royaume-Uni," a déclaré Tony Doyle, de l'université de Glasgow, chef du projet de GridPP. "C'est le projet de grille le plus urgent et le plus exigeant actuellement, et c'est aussi l'occasion pour nombre de nos jeunes scientifiques et ingénieurs les plus brillants de participer à une belle expérience éducative." Et d'ajouter que les retombées prévues de cette activité sur l'industrie britannique devraient être substantielles, comme le montre la présence de nombreuses sociétés britanniques high-tech lors d'une conférence spéciale relative à l'impact des technologies informatiques du CERN sur l'industrie, qui s'est déroulée la semaine dernière à Londres et à Genève. Cet événement sera suivi en juin par une mission organisée par le ministère britannique du commerce et de l'industrie, qui permettra aux entreprises britanniques d'explorer les progrès informatiques réalisés par le Laboratoire.

Le Royaume-Uni a engagé 250 millions de livres sterling dans le programme de science en ligne, dont le GridPP est un volet, et cette démarche a inspiré d'autres pays européens. Avec le soutien de l'UE, les programmes nationaux de grilles de calcul sur tout le continent unissent leurs forces pour mettre en place une grille véritablement européenne, composante d'un projet lancé il y a deux mois : EGEE (Enabling Grids for E-Science in Europe, projet pour la science en ligne en Europe), avec un budget de 32 millions d'euros. Les scientifiques britanniques sont à l'avant-garde de ce projet : dix sites de ce pays font déjà fonctionner l'intergiciel (middleware) qui permettra de construire la grille EGEE.

C'est au CERN, qui célèbre cette année son cinquantenaire, que Sir Tim Berners-Lee a mis au point le World Wide Web il y a près de quinze ans. Pour beaucoup, la grille représente l'avancée la plus significative de l'Internet depuis le Web. Dans ce cas, la Grande-Bretagne et l'Europe seront bien placées pour exploiter cette nouvelle technologie, grâce au rôle majeur qu'elles jouent dans les travaux pionniers menés au CERN.

Dr Andrew McNab – Prix CERN pour ses réalisations exceptionnelles dans le développement de la grille

Dr McNab est chercheur au sein du département de physique et d'astronomie de l'université de Manchester. Ces trois dernières années, GridPP a financé ses travaux sur la sécurité de la grille, qualifiés de remarquables, tant en termes de qualité que de retombées. Par ailleurs talentueux concepteur de logiciels, Andrew joue un rôle prépondérant dans un certain nombre de comités internationaux sur la grille. En outre, il a codé l'outil "Gridsite", qui permet aux utilisateurs de s'identifier sur des sites Web au moyen d'un certificat de sécurité grille, afin d'obtenir des droits pour éditer et télécharger vers l'amont des pages Web. Gridsite est désormais utilisé par un certain nombre de sites Internet, notamment Grid Ireland et UK Grid Operations Centre. Dr McNab a établi une liste impressionnante de solutions aux problèmes de sécurité, et continue de travailler sur des normes et des conceptions innovantes. Son approche lucide des problèmes de sécurité de la grille représente un atout de taille pour le programme de développement de la grille au CERN et au Royaume-Uni.

Dr Frank Harris – Prix CERN pour l'ensemble de sa carrière

Dr Harris est un chercheur connu et respecté dans le domaine de l'informatique pour la physique des particules, tant au CERN que dans son département d'origine à Oxford. Il a participé à l'expérience DELPHI au CERN, de ses préliminaires au début des années 80 jusqu'à son achèvement en 2000. Directeur du projet de logiciels en ligne pour l'expérience DELPHI, il a joué un rôle clé dans le pilotage du groupe d'informatique en ligne vers une gestion stable et fructueuse du système. Ses travaux constituent un véritable catalogue de l'informatique au CERN, depuis une première publication écrite en collaboration avec Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web, à des contributions majeures dans l'examen de l'informatique pour le LHC mené par Hans Hoffmann, le projet LHC, l'expérience LHCb et le projet européen DataGrid. Dans le cadre de ce dernier, Dr Harris a élaboré un cahier des charges pour les expériences, destiné aux concepteurs d'intergiciels, d'une manière que chacun pouvait comprendre, accepter et respecter. Il est également membre fondateur du groupe sur le projet de grille dans le département de physique d'Oxford.

Contact:
CERN: François Grey, IT Communications Team, Départment IT du CERN, +41-22-767-1483
PPARC : Julia Maddock PPARC Press Officer +44 1793 442094
GridPP: Dr. Sarah Pearce GridPP Dissemination Officer +44 (0)7870 404439

Note(s)

* Au sujet du CERN
Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le plus grand centre mondial de recherche en physique des particules; il a son siège en Suisse, près de Genève. Le CERN est à l'origine de développements technologiques grâce auxquels le monde a pu bénéficier d'avancées dans des domaines aussi divers que l'imagerie médicale ou le World Wide Web. Fondé en 1954, le Laboratoire a été l'un des premiers projets communs de l'Europe et il est devenu un magnifique exemple de collaboration internationale. D'autres pays sont venus s'ajouter aux douze signataires initiaux de la Convention du CERN, et l'Organisation compte actuellement vingt Etats membres.

** À propos de GridPP
Doté d'un budget de 33 millions de livres, GridPP est un projet sur six ans, financé par le PPARC, HEFCE, SHEFC et l'Union européenne. Collaboration entre vingt universités et instituts de recherche britanniques et le CERN, il constituera la contribution du Royaume-Uni à la grille de calcul pour le Grand collisionneur de hadrons. GridPP dirige depuis un an un banc d'essai de la grille au Royaume-Uni, et il développera ces ressources au cours des trois prochaines années afin de mettre à disposition l'équivalent de 10 000 ordinateurs de bureau à 2 GHz pour la science en ligne.

*** À propos de PPARC
Le Conseil britannique de la recherche en physique des particules et en astronomie (PPARC), organisme financé par le gouvernement, octroie des bourses de recherche et d'études à des scientifiques dans des universités britanniques, permet à des chercheurs d'accéder à des installations de rang mondial et finance l'appartenance du Royaume-Uni à des organisations internationales comme l'Organisation européenne pour la Recherche nucléaire (CERN) et l'Agence spatiale européenne. Il apporte également une contribution financière aux télescopes britanniques implantés outremer, à La Palma, à Hawaii, en Australie et au Chili, à l'Astronomy Technology Centre britannique du Royal Observatory d'Edimbourg et à l'installation nationale MERLIN/VLBI qui comprend le télescope Lovell de l'observatoire de Jodrell Bank.

Dans le cadre de ses récompenses “Public Understanding of Science and Technology Awards”, le PPARC finance aussi bien de petits projets locaux que nationaux visant à améliorer la compréhension du public pour ses domaines scientifiques.

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