Le Directeur général du CERN expose une stratégie en sept points pour le Laboratoire européen

La statue de "Nataraja, le Danseur cosmique", Dr. Aymar, DG du CERN, Dr. Anil Kakodkar, Président du Commissariat indien à l'énergie atomique et membre du gouvernement indien.

La statue de "Nataraja, le Danseur cosmique", Dr. Aymar, DG du CERN, Dr. Anil Kakodkar, Président du Commissariat indien à l'énergie atomique et membre du gouvernement indien.

Genève, le 18 juin 2004. A la 128e session du Conseil du CERN , tenue ce jour sous la présidence du professeur Enzo Iarocci, le Directeur général du CERN, Robert Aymar, a décrit une stratégie scientifique en sept points pour l'Organisation. L'achèvement du projet de Grand collisionneur de hadrons (LHC), avec une entrée en service en 2007 selon le calendrier prévu, figurait en tête de liste. Ensuite venait la rénovation de l'infrastructure existante du CERN pour assurer la fiabilité de l'exploitation du LHC, tandis que l'examen d'un possible programme d'expérimentation futur indépendant du LHC constituait la troisième priorité.

A la quatrième place sur la liste des priorités de M. Aymar figurait le rôle que pourra jouer le CERN dans l'intensification de la coordination dans la recherche scientifique européenne. Il a cité comme exemples le projet CARE (Coordination de la recherche sur les accélérateurs en Europe), qui pourrait contribuer à une transformation du LHC vers 2012, et le projet EUROTEV par l'intermédiaire duquel le CERN participera à des études générales de R&D en rapport avec un possible collisionneur linéaire futur. Ces deux projets sont financés en partie par l'Union européenne.

La construction, à partir de 2006, d'un accélérateur linéaire injecteur au CERN pour fournir des faisceaux plus intenses au LHC était la cinquième priorité de M. Aymar, suivie par une accélération des travaux de R&D pour le projet CLIC, qui représente la nouvelle technologie révolutionnaire du CERN en matière d'accélérateurs et qui permettrait d'accéder à des énergies très supérieures à celles dont on dispose actuellement. Pour que cela se concrétise, M. Aymar a appelé les laboratoires du monde entier à se joindre au projet, et il a déjà reçu 18 manifestations d'intérêt. Le septième et dernier point de ce nouveau plan stratégique est la préparation d'un examen complet de l'activité à long terme du CERN pour l'horizon 2010 lorsque les résultats obtenus au LHC auront donné une première description du paysage de la physique des particules dans les années à venir.

Le chef du projet LHC, Lyn Evans, a réaffirmé fortement l'intention de mettre en service le LHC en 2007, avec les premières collisions dans l'été. Les dipôles de deux octants complets de la future machine vedette du CERN sont arrivés au Laboratoire et attendent d'être installés. L'une des deux lignes de transfert qui fourniront des faisceaux de protons au LHC est achevée et sera testée en octobre ; elle transportera des faisceaux de particules jusqu'au tunnel du LHC. M. Evans a rappelé aux délégués que le Tableau de bord du LHC, accessible à partir de la page d'accueil du CERN sur le Web, permettait à chacun de se rendre compte de l'avancement du projet. Il y a eu des préoccupations au sujet de certains éléments, mais tout progresse actuellement comme prévu.

Les travaux d'installation du LHC font actuellement l'objet d'un examen à la suit d'un retard dans la mise en place de la ligne de distribution des fluides cryogéniques qui refroidiront la machine à 1,9 degré exactement au-dessus du zéro absolu. Les difficultés ont été résolues, et l'entreprise a fourni un nouveau calendrier d'installation dans lequel l'achèvement de la ligne de distribution est prévu en février 2006, avec deux octants entièrement installés à la fin de la présente année. Le calendrier d'installation général se trouve de ce fait comprimé et on devra maintenant assurer l'installation simultanée de deux octants pour rattraper le retard.

Dans la conclusion de sa présentation, M. Evans a évoqué la collaboration mondiale qui permet au LHC de devenir une réalité. La plupart des éléments en provenance d'Etats non membres sont maintenant achevés. "Ce fut une expérience magnifique" a conclu M. Evans en citant cet exemple de solide collaboration mondiale comme modèle pour les projets de futurs accélérateurs.

La session du Conseil s'est achevée par une cérémonie d'inauguration d'une statue offerte au CERN par le gouvernement de l'Inde comme symbole des relations que ce pays entretient de longue date avec le CERN. Nataraja, le Danseur cosmique, représente la danse du dieu Shiva foulant aux pieds l'Ignorance. Prenant la parole à la cérémonie, M. Anil Kakodkar, Président du Commissariat indien à l'énergie atomique et membre du gouvernement indien, a exprimé sa satisfaction que "la communauté scientifique indienne prenne part à la quête qui a pour but pour la connaissance de l'Univers". La participation de l'Inde aux activités du CERN date du début des années 60.

Rapport sur les sessions à huis clos

Rendant compte des sessions à huis clos du CERN de mars et de la présente semaine, le professeur Iarocci a annoncé que le Conseil avait approuvé des accords de coopération entre le CERN et la Lituanie, et également entre le CERN, le Royaume hachémite de Jordanie et le Centre international de rayonnement synchrotron du Moyen-Orient SESAME. Le Conseil a également approuvé la nomination de Mme Carla Bryois (NL) en qualité de chef du Département des ressources humaines pour une période de deux ans à compter du 1er avril 2004 et l'élection de M. Manuel Aguilar-Benitez (ES) en qualité de Vice-Président du Conseil pour un mandat d'un an à compter du 1er juillet 2004.

Note(s)

* Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des Particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Israël, le Japon, la Fédération de Russie, les Etats-Unis d'Amérique, la Turquie, la Commission européenne et l'UNESCO ont le statut d'observateur. Le Conseil du CERN est l'organe au sein duquel les représentants des vingt Etats membres de l'Organisation décident des programmes scientifiques et des ressources financières.

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