La plus grande grille de calcul du monde relie plus d'une centaine de centres

Genève, Suisse, le 15 mars 2005 – Les responsables du projet Grille de calcul pour le Grand collisionneur de hadrons (LCG) ont annoncé aujourd'hui que la structure qu'ils mettent en œuvre regroupe maintenant plus de 100 centres dans 31 pays, ce qui en fait la plus grande grille scientifique internationale du monde. La LCG est créée pour répondre aux prévisions sur les énormes besoins, en matière de traitement, du Grand collisionneur de hadrons (LHC), que le CERN1 construit actuellement près de Genève. Les centres participant au projet LCG2 sont essentiellement des universités et des laboratoires de recherche. Ils permettent de disposer de plus de 10 000 unités centrales et d'une capacité totale de mémoire de près de 10 millions de gigaoctets, sur disque ou sur bande magnétique. Cette grille reçoit un soutien substantiel du projet de « construction de grilles pour la science en ligne en Europe » (EGEE), financé par l'Union européenne, qui contribue à un niveau important à son exploitation.

Le LHC est un accélérateur de particules utilisé pour étudier les propriétés fondamentales des particules subatomiques. Son exploitation doit démarrer en 2007. La LCG, un projet lancé en 2003, se développe rapidement. Elle donne déjà lieu a des essais par les quatre grandes expériences qui utiliseront le LHC, à savoir ALICE, ATLAS, CMS et LHCb, visant à simuler les conditions informatiques prévues quand le LHC sera exploité à pleine capacité. Lors de ces essais, les partenaires de la LCG pulvérisent des records en matière de transfert de données à grande vitesse et de traitement et de mise en mémoire répartis. Des essais concernant d'autres applications scientifiques, dans des domaines tels que la biomédecine et de la géophysique, ont déjà lieu sur cette infrastructure de calcul unique, avec l'aide du projet EGEE3.

 

Le « calcul en grille » renvoie à des types très variés d'informatique répartie. Dans le cas du projet LCG, l'objectif est de réunir les capacités de calcul qui existent au sein d'organismes scientifiques de toute la planète — ce qui nécessite un logiciel spécial, appelé « intergiciel », assurant un fonctionnement transparent pour les utilisateurs de la grille, englobant de multiples domaines institutionnels, de telle sorte que ces utilisateurs la perçoivent comme une ressource unique. L'infrastructure de la grille, sous-jacente à l'intergiciel, comprend des réseaux à très grande vitesse, des grappes de centaines d'ordinateurs situées dans les centres participants, ainsi que des batteries de serveurs de disques et des silos de bandes magnétiques, également répartis sur toute la planète.

Le responsable du projet LCG, Les Robertson, du Département IT du CERN, a déclaré : « Nous avons atteint les 100 centres, bien en avance sur notre calendrier initial. Nous tenons à remercier les nombreux centres partenaires du monde entier pour leur contribution à ce succès — qui fait d'une grille comme celle-ci le fruit d'un authentique effort coopératif. »

Le Forum mondial sur le grilles de calcul (GGF), une initiative communautaire rassemblant plusieurs milliers de personnes des milieux industriels et scientifiques en vue d'une standardisation de l'informatique de grille au niveau mondial, se réunit cette semaine à Séoul. Selon le Président du GGF, Mark Linesch, « apprendre que le cap de la centaine de centres participant au projet LCG a été franchi est une excellente nouvelle, tant pour les grilles de calcul que pour la science. Nous pouvons être certains que le projet LCG apporte du nouveau en ce qui concerne les possibilités d'une grille scientifique internationale. »

Les Robertson précise que, bien que, le projet LCG atteigne déjà, aujourd'hui, une échelle record, la capacité de traitement actuelle de la grille, correspond seulement à 5 % des besoins à long terme du LHC. Au cours des deux prochaines années, la croissance rapide de la LCG devra donc se poursuivre, par l'ajout de centres participants et par une augmentation des ressources disponibles dans les centres actuels. De plus, la croissance exponentielle de la vitesse des processeurs et de la capacité de mémoire des disques, inhérente au secteur informatique, contribuera à la réalisation des objectifs ambitieux du LHC en matière de calcul. Une présentation générale de la situation actuelle du projet LCG, indiquant tous les centres participants, est accessible à http://goc.grid-support.ac.uk/gppmonWorld/cert_maps/CE.html.

Pour plus de renseignements :
Francois Grey
Équipe Communication IT,
Département IT, CERN
Tel +41 22 767 1483
Fax +41 22 767 1070
Email: Francois.Grey@cern.ch

Note(s)

1 Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des Particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. L'Inde, Israël, le Japon, la Fédération de Russie, les Etats-Unis d'Amérique, la Turquie, la Commission européenne et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

2 La mission du projet Grille de calcul du LHC (LCG) est d’assurer la réalisation et la maintenance d’une infrastructure de mise en mémoire et d’analyse de données pour toute la communauté de la physique des hautes énergies qui utilisera le LHC. La découverte de nouvelles particules fondamentales et l’analyse de leurs propriétés avec l’accélérateur LHC n’est possible qu’au prix d’une analyse statistique des quantités monumentales de données recueillies par ses détecteurs ATLAS, CMS, ALICE et LHCb et d’une comparaison détaillée avec les résultats de simulations théoriques très gourmandes en calcul.

Les objectifs du projet LCG comprennent : la réalisation de différents composants logiciels destinés à prendre en charge le logiciel d’application physique dans un contexte de grille ; l’élaboration et la mise en place de services de calcul fondés sur un modèle de grille répartie ; la gestion des utilisateurs et de leurs droits dans un contexte de grille internationale hétérogène et non centralisée ; la gestion de l’acquisition, de l’installation et de la planification des capacités d’un grand nombre de composants matériels commerciaux formant la plate-forme physique du projet LCG.

Le projet LCG repose sur des infrastructures de réseau avancées, comme le réseau GEANT, un réseau paneuropéen de transmission de données de plusieurs gigabits pris en charge par 26 réseaux nationaux scientifiques et éducatifs. Pour plus de renseignements sur le site web du LCG.

3 Le projet de « construction de grilles pour la science en ligne en Europe » (EGEE), financé par la Commission européenne, a pour objectif de tirer parti des récents progrès en technologie de grille pour réaliser une infrastructure de grille de services, qui soit à la disposition des scientifiques 24 heures sur 24. Le projet vise à fournir aux chercheurs des universités et de l’industrie un accès aux principales ressources de calcul, indépendamment de leur situation géographique. Le projet EGEE a déterminé un large éventail de disciplines scientifiques et il a apporte son appui à un certain nombre d'entre elles pour une mise en oeuvre. À ce jour cinq applications scientifiques différentes sont exploitées sur l’infrastructure de grille EGEE. Pour plus de renseignements sur http://public.eu-egee.org/.

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