Mettez votre ordinateur au service de la lutte contre le paludisme en Afrique

Genève, le 13 juillet 2006 – Pourquoi, tandis que vous envoyez un courrier électronique ou naviguez sur la Toile, ne pas contribuer grâce à votre ordinateur à relever l’un des plus grands défis humanitaires de l’Afrique - le paludisme. Cette semaine aura marqué le coup d’envoi officiel de Africa@home, un projet conçu et coordonné par le CERN1, qui fait appel aux ordinateurs personnels ou professionnels de bénévoles pour faire tourner un programme de simulation gourmand en moyens informatiques, appelé MalariaControl.net2, mis au point par les chercheurs de l’Institut Tropical Suisse (ITS)3.

Chaque année, le paludisme tue environ un million de personnes en Afrique subsaharienne. C’est la première cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Le programme MalariaControl.net sert à modéliser la propagation du paludisme en Afrique. En multipliant les simulations sur les ordinateurs de milliers de bénévoles, les chercheurs parviendront à mieux comprendre les effets du lancement de nouveaux traitements et à en améliorer l’efficacité.

Pour installer MalariaControl.net, il suffit aux bénévoles de télécharger le logiciel requis depuis le site Africa@home. Celui-ci réalisera les calculs en arrière plan, pendant qu’ils effectueront d’autres tâches. Les résultats sont renvoyés périodiquement vers un serveur de l’Université de Genève4, où des chercheurs les évaluent. Lors d’une première phase d’essai de quelques mois avec 500 bénévoles, Africa@home a déjà permis d’effectuer des simulations représentant 150 années de temps de traitement sur un seul ordinateur.

L’un des objectifs majeurs du projet consistait à faire participer des établissements universitaires africains au développement du logiciel. Grâce aux efforts des ONG ICVolontaires5 et Informaticiens sans Frontieres6, des chercheurs de l’Université de Bamako au Mali et de l’Agence Universitaire de la Francophonie à Bamako et à Yaoundé (Cameroun) ont pu se joindre à l’équipe en charge du projet, basée au CERN. Ils ont été financés par le Réseau universitaire international de Genève (RUIG)7.

À propos des résultats obtenus à ce jour, le professeur Tom Smith de l’Institut Tropical Suisse a déclaré « Africa@home et le calcul bénévole nous ouvrent véritablement de nouveaux horizons au plan scientifique. En quelques mois, nous avons réalisé davantage de modélisations épidémiologiques que nous n’aurions pu en faire en plusieurs années avec notre propre grappe d'ordinateurs. »

Robert Aymar, Directeur général du CERN, a insisté sur l’importance du partage des connaissances avec l’Afrique à travers de tels projets : « Par tradition, le CERN a toujours été un lieu de rencontre pour les scientifiques des quatre coins du monde et je me réjouis que nous ayons pu accueillir l’équipe mixte afro-européenne qui a lancé ce projet, preuve de notre volonté indéfectible de promouvoir le rôle de la science dans la société de l’information, comme cela a été souligné lors du Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est tenu à Genève et à Tunis. »

Le RUIG vient tout juste d’accorder une nouvelle contribution au projet Africa@home afin d’adapter d’autres applications importantes pour l’Afrique pour qu’elles fonctionnent sur les ordinateurs de bénévoles. Le projet permettra également de former le personnel technique d’universités africaines à gérer les serveurs exploitant les projets de calcul bénévole et aidera les chercheurs africains à créer leurs propres projets de calcul bénévole. Pour S. E. M. Adama Samassékou, Président d’ICVolontaires et ancien ministre de l’enseignement au Mali, « faire participer les Africains à des recherches de niveau mondial comme ce projet est un moyen formidable de redorer l'image que la communauté scientifique africaine a d'elle-même, et placer ainsi des instituts africains au cœur d’un réseau scientifique mondial sera un premier pas très concret vers la réduction de la fracture numérique. »

Pour plus d’informations veuillez contacter:
François Grey (CERN)
tél. 022 767 14 83
Francois.Grey@cern.ch

et consultez le site Web Africa@home.

Note(s)

1  Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le premier centre mondial de recherche en physique des particules. Il a son siège à Genève et a actuellement pour Etats membres l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'Inde, Israël, le Japon, la Fédération de Russie, les Etats-Unis d'Amérique, la Turquie, la Commission européenne et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

2  MalariaControl.netutilise la plateforme logicielle BOINC, celle-là même qui permet à des centaines de milliers de personnes dans le monde entier de participer à des projets comme SETI@home et Climateprediction.net, qui cherchent des signes d’intelligence extraterrestre ou prévoient le climat du XXI e siècle.  Pour plus de détails, consulter le site http://boinc.berkeley.edu/.

3  L’Institut Tropical Suisse  basé à Bâle, est actif dans le monde entier conformément à son mandat qui est de contribuer à améliorer la santé des populations au niveau national et international à travers l’excellence en matière de recherche, de services, d’enseignement et de formation.  Cet organisme public est financé en partie par le Gouvernement fédéral suisse et le Canton de Bâle-Ville.   La Fondation Bill & Melinda Gates soutient financièrement les activités de modélisation du paludisme.

4  L’Université de Genève, la deuxième de Suisse en importance, est une institution publique de la République et Canton de Genève.  Elle assure trois missions : l’enseignement, la recherche et le service à la communauté. Depuis sa création en 1559 par Jean Calvin jusqu’à la découverte récente de planètes extrasolaires par ses astrophysiciens, l’Université de Genève n’a cessé de croître et de se développer, tout en conservant sa tradition séculaire d’excellence doublée d’une vocation internationale.

5  ICVoluntaires est une organisation internationale non gouvernementale qui a pour but de recruter, former et coordonner des volontaires pour des conférences et autres projets à but non lucratif (cybervolontariat, services de langues et soutien aux conférences). Son Programme CyberVolontaires collabore avec des spécialistes des technologies de l'information et de la communication qui offrent leurs compétences et leur temps pour des projets de développement.  Ce programme est parrainé par UNESCO-Suisse.

6  Informaticiens sans Frontièresest une organisation indépendante composée de bénévoles internationaux dont l’objectif est d’aider à réduire la fracture numérique à travers l’enseignement et la communication sous une forme spécialement adaptée aux besoins des pays en voie de développement. ISF se concentre sur des solutions logicielles libres et en propose toute une gamme applicable pour la plupart des difficultés liées à la fracture numérique.

7  The Geneva International Academic Network (GIAN) is an international research network whose primary objective is to reinforce cooperation among international organisations and academic institutions. The GIAN funds research activities that involve a partnership between the academic world and international organisations and that concern at least one of five thematic areas: globalisation, sustainable development, social equity, intercultural dialogue or human rights. The GIAN benefits from the collaborative and financial support of the Swiss Confederation and the Republic and Canton of Geneva.

7  Le Réseau universitaire international de Genève (RUIG) est un réseau international de recherche dont la mission consiste principalement à renforcer la coopération entre le monde universitaire et celui des organisations internationales. Il finance des activités de recherche impliquant un partenariat entre les universités et les organisations internationales et concernant au moins l’un des cinq domaines suivants : la mondialisation, le développement durable, les relations sociales équitables, le dialogue interculturel ou les droits de la personne humaine.  Le RUIG bénéficie de la collaboration et de l'appui financier de la Confédération helvétique et de la République et Canton de Genève.

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