Le CERN annonce la date de démarrage du LHC

Le Centre de contrôle du CERN, d'où sera piloté le LHC (Image: CERN)

Genève, le 7 août 2008. Le CERN1 a fait savoir ce jour que la première tentative de circulation d’un faisceau dans le Grand collisionneur de hadrons (LHC) aura lieu le 10 septembre. La nouvelle est annoncée alors que la phase de refroidissement du nouvel accélérateur de particules arrive à son terme. L’événement fera l'objet d'une retransmission télévisée par Eurovision.

Le LHC est l'accélérateur de particules le plus puissant du monde. Par rapport à ses prédécesseurs, il produira, lorsqu’il aura atteint sa performance nominale, sans doute en 2010, des faisceaux ayant une énergie sept fois plus élevée et une intensité 30 fois plus grande. Logé dans un tunnel de 27 kilomètres, l’accélérateur utilise des technologies encore irréalisables il y a 30 ans. En un sens, le LHC est son propre prototype.

Démarrer la machine ne se résume pas à appuyer sur un bouton. La mise en service est un long processus commençant par le refroidissement de chacun des huit secteurs de la machine. Il faut ensuite procéder aux essais électriques des 1600 aimants supraconducteurs et les soumettre individuellement à l’intensité d’exploitation nominale. Puis on procède à la mise sous tension de tous les circuits de chaque secteur, et enfin des huit secteurs à l’unisson afin de pouvoir faire fonctionner l’ensemble comme une seule machine.

À la fin juillet, ce travail était presque fini ; les huit secteurs étaient descendus à leur température d’exploitation de -271°C, soit 1,9 degré au-dessus du zéro absolu. La prochaine étape est la synchronisation du LHC avec l’accélérateur SPS (Supersynchrotron à protons), qui forme le dernier maillon de la chaîne d’injection dans le LHC. Le fonctionnement des deux machines doit être calé avec une précision de l’ordre d'une fraction de nanoseconde. Un premier essai de synchronisation est prévu le 9 août pour le faisceau circulant en sens horaire dans le LHC ; le deuxième aura lieu dans les semaines suivantes. Les essais se poursuivront en septembre ; il s’agit de s’assurer que toute la machine est capable de produire l’accélération et la collision des particules à 5 TeV, qui est l’énergie de faisceau prévue pour 2008. Sauf incident, le premier faisceau circulera dans le LHC le 10 septembre à une énergie d’injection de 450 GeV (0,45 TeV).

Une fois la circulation de faisceaux stables établie, les faisceaux seront mis en collision. Il faudra ensuite mettre en service le système d'accélération du LHC qui devra porter l’énergie à 5 TeV, amenant ainsi la recherche en physique des particules dans des domaines inexplorés.

« Nous achevons un marathon sur un sprint, a déclaré Lyn Evans, chef du projet LHC. La course a été longue, et nous sommes tous impatients de commencer le programme de recherche du LHC. »

Le CERN publiera régulièrement des informations sur l’état d’avancement du projet d’ici aux premières collisions. Les journalistes souhaitant se rendre au CERN pour la première circulation de faisceau, le 10 septembre, devront avoir reçu l’accréditation du Service de presse du CERN. Les capacités d’accueil étant limitées, priorité sera donnée à la presse d’information. L’événement pourra être suivi sur le web depuis le site http://webcast.cern.ch, et sera retransmis par le réseau Eurovision. Des positions de direct et des systèmes de lecture de cassettes seront également disponibles.

Un centre de presse sera mis en place sur le site principal du CERN et des visites aux salles de contrôle de l’accélérateur et des expériences seront organisées ; les places seront limitées et aucune réservation ne sera possible. Des emplacements seront prévus pour les caméras au Centre de contrôle du CERN, d’où le LHC sera piloté. Seules les chaînes de télévision auront accès au Centre de contrôle du CERN. Aucun accès aux zones souterraines ne sera possible.

Pour tout renseignement complémentaire, et pour les procédures d’accréditation: http://lhc-first-beam.web.cern.ch/

Note(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Commission européenne, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, Israël, le Japon, la Turquie et l’UNESCO ont le statut d’observateur

You are here