Physiciens et médecins définissent une stratégie pour la physique au service de la santé

Genève, le 3 June 2010. À la suite de l’atelier organisé au CERN1, le Laboratoire européen de physique des particules, février dernier, des médecins et des physiciens ont élaboré une stratégie, rendue publique ce jour, pour mettre la physique au service de la santé. Les techniques mises au point pour la recherche en physique trouvent depuis longtemps des applications en médecine. Il s’agit aujourd’hui, en prenant acte de cette synergie, de définir un programme en vue d’une collaboration renforcée.

L’atelier, le premier du genre, a permis à environ 400 médecins, biologistes et physiciens de se rencontrer pour réfléchir aux recoupements de plus en plus fréquents entre la physique et la santé. Depuis quelques décennies, un grand nombre de techniques de diagnostic et de soin ont été développées à partir soit de principes de physique fondamentale, soit d'outils mis au point pour la recherche en physique. La tomographie par émission de positons (TEP) en est un exemple éclatant puisque cette technologie, apparue dans le monde médical, doit beaucoup à la recherche en physique des particules.

«Les premières images de TEP ont été prises sur une souris au CERN, en 1977. À l’époque, beaucoup de physiciens qui travaillaient au développement de nouvelles techniques d’imagerie médicale avaient un passé de physicien des particules, explique David Townsend, un pionnier de la TEP/TDM, à la tête des développements en matière de tomographie par émission de positons (TEP) et de tomographie par émission monophotonique (TEMP) au Singapore Bioimaging Consortium. Aujourd’hui, des physiciens travaillent sur divers aspects de l’instrumentation pour l’imagerie médicale et développent également des procédés visant à améliorer les techniques chirurgicales et aider à tester de nouveaux médicaments.»

Les exemples de ce type abondent, mais les participants à l’atelier se sont tournés vers l’avenir en se demandant comment les physiciens peuvent faire en sorte que les progrès de la physique continuent de stimuler ceux de la médecine, l’objectif étant que les innovations développées pour la recherche répondent aux besoins du corps médical.

«Ces ateliers sont très utiles car il peut arriver que les physiciens ne sachent pas quels aspects de leurs travaux sont susceptibles d’intéresser les médecins et vice-versa, explique Gillies McKenna du CR-UK/MRC Gray Institute for Radiation Oncology and Biology, de Université d’Oxford (Royaume-Uni). Lorsqu’ils ont la possibilité de présenter les questions auxquelles ils tentent d’apporter une réponse, les technologies qu’ils peuvent mettre à la disposition des uns et des autres, c’est parfois le déclic : ‘Tiens, voilà comment on pourrait résoudre le problème’, ou ?Je sais quelle recherche on pourrait faire avec cette technologie.’ Rassembler des groupes dans le cadre d’un atelier peut ainsi être un moyen efficace de mettre sur pied les équipes dont vous avez besoin pour traiter de nouveaux sujets scientifiques.»

C’est aussi le sentiment de Purificación Tejedor del Real, de la Direction Santé de l’UE, qui ajoute: « Cet atelier est un point de rencontre pour les physiciens, les médecins, les biologistes et les chercheurs. Cela permet d’éviter que chacun travaille de son côté. Les projets menés à bien par les physiciens peuvent être utiles aux médecins qui travaillent dessus. Il faut mettre à profit cette collaboration entre les chercheurs en physique des particules et le corps médical.»

Le document d’orientation stratégique peut être consulté à cette adresse.

Note(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Commission européenne, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, l'Inde, Israël, le Japon, la Turquie et l'UNESCO ont le statut d'observateur

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