Le CERN et l’UNESCO célèbrent la signature de la convention du CERN

Rolf Heuer, Directeur général du CERN à la cérémonie CERN-UNESCO à Paris.

Paris, le 1er juillet 2014. Le CERN1 et l’UNESCO2 commémorent aujourd’hui la signature de la convention du CERN au siège de l’UNESCO, à Paris et célèbrent ainsi 60 ans de science au service de la paix. C’est en effet le 1er juillet 1953, à Paris, que fut signée sous les auspices de l’UNESCO la convention ouvrant la voie à l’établissement en 1954 de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, par douze États fondateurs. Cette convention entra en vigueur le 29 septembre 1954, donnant officiellement naissance au Laboratoire. Fondé pour relancer la recherche fondamentale en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le CERN est devenu 60 ans plus tard l’une des plus grandes réussites de collaboration scientifique au monde. Rassemblant des chercheurs de pays du monde entier, le CERN apporte depuis 60 ans de nombreux bénéfices à la société au travers de la recherche, de l’innovation et de l’éducation.

« La philosophie d’ouverture et de transparence du CERN s’exprime dans sa convention, souligne Rolf Heuer, directeur général du CERN. L’engagement du CERN, inscrit dans ce texte, à poursuivre des recherches purement fondamentales et à rendre publics tous ses travaux a joué un rôle important dans l’attractivité du Laboratoire. C’est cet engagement qui a permis une coopération pacifique entre des scientifiques de tous les pays. »

« Au vu des nombreux succès qui ont jalonné l’histoire du CERN, c’est une grande source de fierté pour l’UNESCO d’avoir contribué à sa création. Cette initiative montre à quel point la coopération scientifique  internationale, qui est au cœur du mandat de l’UNESCO, est essentielle et doit être renforcée, partout dans le monde, pour construire aujourd’hui les CERN de demain. », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

Les premiers jalons du CERN remontent à la fin des années 40, lorsque des scientifiques européens entreprirent des démarches pour enrayer le déclin de la science fondamentale en Europe. Considérablement affaiblie par la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe avait perdu son leadership dans la recherche fondamentale. De nombreux scientifiques avaient fui aux États-Unis, qui, bientôt rejoints par l’Union soviétique, s’équipaient d’instruments de physique fondamentale de plus en plus sophistiqués et onéreux. Ces accélérateurs de particules étaient hors de portée des pays européens pris individuellement. Pour les pays d’Europe, la coopération devenait une condition indispensable pour enrayer le déclin de leur recherche fondamentale et la fuite des cerveaux.

Après les premières discussions entre scientifiques à la fin des années 40, puis les premières déclarations officielles encourageant la coopération scientifique européenne au tout début des années 50, l’UNESCO a joué un rôle primordial dans la fondation du Laboratoire. Le CERN a en effet été créé sous l’égide de la toute jeune Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, dont l’un des mandats était de « favoriser la création de laboratoires scientifiques régionaux ». L’éminent physicien Pierre Auger, alors directeur du Département des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO, joua un rôle moteur dans les négociations qui aboutirent à la création d’un tel centre de recherche.

Dès 1950, l’UNESCO organisa plusieurs grandes conférences au cours desquelles les modalités de la création d’un grand laboratoire de physique nucléaire furent discutées. En décembre 1951, la première résolution visant à fonder un Conseil européen pour la recherche nucléaire fut adoptée. Le Conseil provisoire constitué quelques semaines plus tard prépara la convention constitutive du futur Laboratoire. Après de nombreuses négociations sur les modalités, la convention fut finalement approuvée le 1er juillet 1953, à Paris.

Le CERN et l’UNESCO entretiennent depuis 60 ans des liens étroits, qui ont permis de développer des projets de coopération dans l’éducation, principalement. Actuellement, les deux organisations poursuivent notamment des projets de coopération pour la mise en place de bibliothèques numériques en Afrique et la formation d’enseignants en science dans les pays en développement.

 

Matériel complémentaire:

L'histoire du CERN 3 minutes - vidéo: https://cds.cern.ch/record/1710382

Le CERN à ses débuts - vidéo: https://cds.cern.ch/record/1706377

Brochure des 60 ans du CERN: https://cds.cern.ch/record/1693817/files/CERN-Brochure-2014-002-Eng.pdf

Site web des 60 ans du CERN: http://cern60.web.cern.ch

 

Note(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède et Suisse. La Roumanie a le statut de candidat à l’adhésion. La Serbie est État membre associé en phase préalable à l’adhésion. Les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, le Japon, la Turquie, la Commission européenne et l’UNESCO ont le statut d'observateur.

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