Le CERN fixe des objectifs pour les premiers résultats de physique au LHC

Genève, le 6 février 2009. À l’issue de l’atelier qui s’est tenu cette semaine à Chamonix, des recommandations ont été faites à la Direction du CERN1 pour le calendrier de redémarrage du Grand collisionneur de hadrons (LHC). Si elles sont acceptées lundi lors de la réunion du Directoire, ces recommandations permettront au LHC de commencer à produire des données pour la physique fin 2009, de continuer à fonctionner sans interruption durant l’hiver jusqu’à l’automne 2010 à une énergie de 5 TeV par faisceau et de fournir aux expériences une quantité suffisante de données pour qu’elles produisent leurs premiers résultats pour la nouvelle physique.

Pour Steve Myers, directeur des accélérateurs du CERN et président de l’atelier de Chamonix, « ces recommandations définissent le meilleur scénario possible pour le LHC et, plus généralement, pour la physique des particules. »

Figurait entre autres à l’ordre du jour de l’atelier de Chamonix la cause de l’incident qui a porté un coup d’arrêt momentané au LHC le 19 septembre dernier. L’incident a pu être attribué à une connexion électrique défectueuse entre des segments du câble supraconducteur du LHC. Depuis l’incident, des progrès prodigieux ont été réalisés pour la mise au point de techniques permettant de détecter la moindre anomalie. Elles seront utilisées pour nous donner une idée précise de la résistance qu’offrent les raccords de tous les aimants installés dans la machine. Cela permettra de détecter plus précocement tout nouveau raccord suspect pendant l’exploitation. Les systèmes de détection précoce auront été installés et entièrement testés avant le redémarrage de la machine.

Suite à l’incident, deux autres connexions suspectes ont été découvertes. Après inspection de l’une d’entre elles, il s’est avéré que le raccord entre les câbles n’avait pas été réalisé correctement. L’aimant contenant la seconde sera donc lui aussi retiré du tunnel pour être réparé. Étant donné que les tests de résistance ne peuvent être effectués que dans des aimants froids, trois secteurs sur les huit que compte le LHC doivent encore être testés : le secteur 3-4, dans lequel l’incident s’est produit à l’origine, et les secteurs situés de part et d’autre. Dans le secteur 3-4, les 53 aimants qui sont actuellement réintégrés dans le tunnel seront tous testés avant le refroidissement, et les secteurs qui se trouvent de chaque côté seront refroidis suffisamment tôt pour permettre d’intervenir si nécessaire, sans que cela affecte le calendrier. Une centaine d’aimants ne pourront donc pas être testés avant septembre. Subsiste ainsi une faible probabilité que des réparations doivent être réalisées pendant la période d’exploitation prévue par le calendrier actuel.

« La priorité du CERN pour 2009 est de fournir aux expériences des données issues de collisions, tout en respectant le principe de précaution, » déclare Steve Myers. « Les recommandations faites à la Direction du CERN sont empreintes de prudence et respectent tout à la fois l’objectif de faire fonctionner la machine cette année. »

« L’atelier de Chamonix a été le cadre d’intenses réflexions », souligne Rolf Heuer, directeur général du CERN. « Elles donnent à mon équipe tous les éléments dont nous aurons besoin lundi prochain pour prendre la bonne décision quant au redémarrage du LHC. »

Le calendrier de redémarrage du LHC sera rendu public le lundi 9 février, à l’issue de la réunion du Directoire du CERN.

Footnote(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Commission européenne, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, l'Inde, Israël, le Japon, la Turquie et l'UNESCO ont le statut d'observateur.

You are here