Cette note s'inspire d'un article que prépare le Comité des directives scientifiques du CERN pour apporter aux membres du Conseil du CERN des informations de base sur la signification scientifique des éventuelles zones d'exclusion du boson de Higgs du modèle standard attendues avant la conférence EPS-HEP de juillet 2011. Les italiques signalent des détails plus techniques.
Dans un avenir plus lointain, si un boson de Higgs léger du modèle standard devait en fin de compte être exclu au niveau de 5 écarts-type, il serait nécessaire de poursuivre les recherches directes des particules de Higgs ou des autres signaux que prévoient des théories autres que le modèle standard. Par exemple, de nombreuses théories incluant la supersymétrie ou des dimensions supplémentaires prédisent l’existence de particules qui ressembleraient au boson de Higgs du modèle standard, mais ne produiraient que moins fréquemment des signaux expérimentalement décelables au Tévatron ou au LHC. Il faudrait donc étendre la recherche à de plus vastes échantillons de données du LHC dans lesquels ces signaux plus rares pourraient devenir détectables. En outre, il serait crucial d’étudier la diffusion des paires de bosons vecteurs massifs (WW, WZ et ZZ). Les composantes « longitudinales » de ces bosons vecteurs sont particulièrement intéressantes car elles apparaissent du fait de leurs masses non-nulles et donc de leur couplage avec le secteur de la brisure de la symétrie électrofaible. Avec l’énergie et la luminosité suffisantes, la diffusion des bosons vecteurs massifs peut apporter des informations sur ce qui remplace le Higgs du modèle standard pour faire en sorte que la probabilité totale soit conservée (En langage plus technique, pour empêcher que les amplitudes de couplage faible pour les diffusions WW, WZ et ZZ ne violent l’unitarité). Les analyses disponibles suggèrent qu’une telle étude demanderait plusieurs années d’exploitation du LHC à son énergie nominale de 14 TeV. Evidemment, toutes ces discussions de limites d’exclusion ne doivent pas nous faire oublier que la découverte d’un état identifiable au boson de Higgs du modèle standard constituerait un grand triomphe qui exigerait de longues investigations expérimentales complémentaires au LHC afin de confirmer qu’il présente bien les couplages attendus pour un boson de Higgs du modèle standard.